Guadeloupe, terre de glisse
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En Guadeloupe, la glisse n’est pas une mode. C’est une culture. Ici, le vent, la houle et la mer font partie du quotidien. On apprend très tôt à les observer, à les respecter, à jouer avec eux. Et quand on vit sur un archipel posé entre Atlantique et mer des Caraïbes, difficile de ne pas finir un jour… sur une planche.

Depuis quelques années, une petite révolution silencieuse a gagné les lagons et les spots exposés : le foil. Un mât, deux ailes sous une planche, et soudain la glisse change de dimension. On ne fend plus l’eau, on la survole. Surf, paddle, planche à voile, kitesurf, wing : tous les supports se sont réinventés, repoussant encore un peu plus les limites du vent et de la houle.
Une île qui fait naître des champions
Si la Guadeloupe rayonne aujourd’hui sur la scène internationale, ce n’est pas un hasard. Les conditions naturelles y sont exceptionnelles, mais surtout, la transmission est forte. En surf, Charly Martin, Thomas Debierre, Léo-Paul Etienne ou Bahia Frediani sillonnent aujourd’hui le monde sur les circuits professionnels. En planche à voile, Camille Juban, Antoine Martin, Lisa Wermeister ou Tristan Algret continuent de placer l’archipel sur les podiums mondiaux.

Vent, vagues et eaux chaudes : le trio gagnant
Des eaux chaudes toute l’année, des alizés réguliers, des vagues fréquentes : la Guadeloupe offre un terrain d’entraînement rare. Les plages deviennent des lieux de vie, de rencontres, d’apprentissage. Entre janvier et avril, quand l’hiver s’installe ailleurs, surfeurs, kitesurfeurs et windsurfers du monde entier viennent ici chercher ce que l’on a parfois tendance à oublier : du soleil, du vent… et du temps sur l’eau.

Des spots, des ambiances, des histoires
Le Moule, brut et sans compromis
Exposé à la houle de l’Atlantique, Le Moule concentre certains des spots les plus engagés de l’île. À l’Anse Salabouelle ou à Damencourt, mieux vaut savoir lire l’océan avant de se jeter à l’eau. Un peu plus loin, la plage des Alizés offre un spectacle permanent de kitesurfs et de wings jouant avec le vent et la houle sur la barrière de corail.
Bois-Jolan, l’apprentissage en douceur
À l’Anse du Belley, le plan d’eau est plus calme. C’est ici que beaucoup font leurs premières armes, accompagnés par des moniteurs passionnés. Un spot rassurant, idéal pour découvrir la glisse, avec ou sans foil.
Port-Louis, quand la houle du nord arrive
À chaque houle, Port-Louis s’anime. Les surfeurs viennent de toute l’île pour profiter de vagues généreuses, accessibles à différents niveaux. Depuis peu, les foilers y trouvent aussi leur terrain de jeu, glissant parfois bien au-delà des pics traditionnels.
Pointe de la Batterie, le vent en accéléré
À Trois-Rivières, le canal des Saintes renforce les alizés. La Pointe de la Batterie est un spot exigeant, souvent agité, très apprécié des planchistes et des riders en quête de conditions musclées.
Le lagon des Salines, au Gosier
Au Le Gosier, la plage des Salines est un classique. Un immense lagon, une barrière de corail accessible, une ambiance conviviale : le week-end, les voiles colorées s’y succèdent dans une chorégraphie presque hypnotique.
Le foil, une autre manière d’habiter l’océan
Le foil a changé notre rapport à la mer. Il permet de naviguer plus souvent, sur plus de sites, avec moins de vent. En surf foil, on explore des zones jusque-là délaissées. En stand up foil, on glisse d’une houle à l’autre, parfois loin du rivage. En kitesurf foil, on redécouvre le plaisir de naviguer par petit temps. Le wing foil, très présent en Guadeloupe, a séduit un public nouveau, souvent féminin, et a largement démocratisé l’accès au vol au-dessus de l’eau. Quant à la planche à voile foil, désormais discipline olympique, elle trouve ici un terrain d’expression idéal.
La Guadeloupe retrouve la scène internationale
Du 22 au 26 avril 2025, l’archipel a accueilli la première étape de la coupe du monde professionnelle de planche à voile foil. Organisée par Tristan Algret et l’ANASA, présidée par Carl Chipotel, cette compétition a marqué un retour fort de la Guadeloupe sur la scène internationale, près de quarante ans après le dernier grand événement organisé à Saint-François.
Texte : Mariane Aimar














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