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30 ans de la Réserve naturelle de Saint-Barthélemy : un outil devenu essentiel

  • Photo du rédacteur: CORAIBES BLOG & STUDIO
    CORAIBES BLOG & STUDIO
  • 16 avr.
  • 3 min de lecture

Créée il y a trente ans, la Réserve naturelle de Saint-Barthélemy est aujourd’hui un pilier de la politique environnementale de l’île. Entre protection des écosystèmes, gestion d’une fréquentation croissante et sensibilisation du public, son rôle n’a cessé d’évoluer. Entretien avec Sébastien Gréaux, conservateur de la réserve et directeur de l’Agence Territoriale de l’Environnement.



La réserve veille sur un vaste territoire marin (photo ATE).
La réserve veille sur un vaste territoire marin (photo ATE).

Quel bilan tirez-vous de ces trente années d’existence ?

S.G : Le bilan est très positif. Au départ, l’intérêt d’une réserve marine ne faisait pas forcément l’unanimité. Mais grâce aux suivis scientifiques mis en place depuis 2002, nous avons pu mesurer concrètement son efficacité. Les résultats montrent un véritable « effet réserve » : on observe davantage de poissons et une biomasse plus importante dans la réserve que dans les zones situées à l’extérieur. D’autre part, les populations ont tendance à y augmenter alors qu’elles diminuent hors réserve. Aujourd’hui, plus personne ne conteste les bénéfices de la réserve, qui a été conçue comme un espace protégé mais accessible, à condition de respecter les bonnes pratiques.


Quelles sont, selon vous, les actions clés menées par la réserve ?

S.G : La première est justement la mise en place de suivis scientifiques permettant d’évaluer l’état des milieux et l’efficacité des mesures de protection. La seconde concerne le commissionnement et l’assermentation des agents. Six agents sont aujourd’hui habilités à contrôler et verbaliser. Cela a renforcé la crédibilité de la réglementation et permis de mieux la faire respecter. Enfin, une mesure récente a eu un impact immédiat : l’interdiction, en 2023, des bateaux de plus de 25 mètres dans la réserve. Ces navires étaient responsables de la majorité des infractions. Depuis, le nombre de contraventions a été divisé par deux et certains sites, comme la baie de Colombier, sont redevenus beaucoup plus agréables en haute saison.


Quel rôle la réserve joue-t-elle face à l’urbanisation du littoral ?

S.G : Elle a permis de préserver des espaces qui auraient probablement subi une pression beaucoup plus forte. Sur l’eau, la différence est visible. Par exemple, on observe davantage de tortues dans les zones protégées, alors que certaines quittent des secteurs plus fréquentés comme la baie de Saint-Jean. Concernant les récifs coralliens, ils restent fragiles, comme partout dans la Caraïbe. Mais les suivis montrent qu’ils sont globalement en meilleur état qu’ailleurs dans la région. En 2024, environ la moitié des récifs de l’île étaient encore en bon état, ce qui reste supérieur à de nombreux territoires voisins.


Dans la réserve les coraux résistent mieux aux effets du dérèglement climatique (photo ATE).
Dans la réserve les coraux résistent mieux aux effets du dérèglement climatique (photo ATE).

Quelles sont les priorités pour les années à venir ?

S.G : Le plan d’action actuel court jusqu’en 2027. L’un des projets consiste à installer des capteurs sur les bouées de mouillage de la baie de Colombier pour mieux comprendre la fréquentation du site et la durée d’occupation. L’objectif est de mieux adapter le nombre de bouées et, à terme, d’interdire l’ancrage dans certaines zones sensibles. La question de la fréquentation est centrale. Aujourd’hui, 70 sociétés et 181 bateaux sont autorisés à travailler dans la réserve. Il faut désormais réfléchir à la capacité de charge des sites afin de préserver les milieux sur le long terme.

 

En savoir plus sur l’Agence Territoriale de l’Environnement

  • Gestionnaire de la Réserve naturelle de Saint-Barthélemy

  • Établissement public industriel et commercial (EPIC) depuis 2013

  • Équipe : 9 agents à temps plein, 1 à mi-temps et une doctorante travaillant sur l’érosion des plages

  • 6 agents assermentés chargés de faire respecter la réglementation

Le travail des agents repose avant tout sur la passion, mais il peut être délicat sur un territoire où tout le monde se connaît. Leur mission reste pourtant essentielle : préserver un patrimoine naturel commun à tous dont dépend l’équilibre de l’île.


Les rendez-vous des 30 ans de la Réserve

Tout au long de l’année, la Réserve naturelle propose une série de sorties et d’événements ouverts au public pour découvrir la biodiversité de l’île. Au programme : des sorties diurnes et nocturnes, des randonnées palmées dans le lagon de Grand Cul-de-Sac, des découvertes de la laisse de mer à Petit Cul-de-Sac, des suivis des oiseaux marins en bateau et des explorations du récif de Colombier. D’autres rendez-vous sont prévus en 2026, dont l’inauguration d’une pépinière et d’un espace de soins pour la faune sauvage.

Sorties ouvertes à tous, sur inscription.

 

Mariane Aimar-Godoc

Article paru dans le magazine Outre Mer Grandeur Nature N°31.


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