À la rencontre des habitants des mers de Guadeloupe
- CORAIBES BLOG & STUDIO

- il y a 3 jours
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Avec ses eaux chaudes et translucides, la Guadeloupe est l’un des joyaux de la Caraïbe pour l’observation de la faune marine. Entre récifs coralliens, herbiers marins et grands fonds, l’archipel abrite une biodiversité exceptionnelle. Souvent discrets, les animaux marins vivent au large de nos côtes mais se laissent parfois approcher, offrant alors des rencontres aussi rares qu’inoubliables.
Observer le souffle des baleines à bosse
Dès le mois de janvier, la saison de migration des baleines à bosse débute dans la mer des Caraïbes et se prolonge jusqu’à la mi-mai. Ces géants des océans rejoignent les eaux chaudes guadeloupéennes pour se reproduire et mettre bas. Durant cette période, ils offrent un spectacle saisissant : sauts spectaculaires, claquements de nageoires et ballets aquatiques impressionnants.

Pour maximiser les chances d’observation, l’idéal reste une sortie en mer, notamment lors d’une traversée entre la Guadeloupe et Marie-Galante ou le long de la côte sous le vent, qu’elles affectionnent particulièrement. Mais avec un peu de chance, il est aussi possible d’apercevoir leur souffle puissant depuis la terre ferme, notamment depuis la Pointe des Châteaux ou la plage de la Chapelle à Anse-Bertrand. Jumelles, point de vue en hauteur et patience sont alors vos meilleurs alliés.
A savoir : Faire appel à un excursionniste spécialisé en whale watching permet non seulement d’augmenter les chances de rencontre, mais aussi d’en apprendre davantage sur ces mammifères marins fascinants.
La rencontre magique des dauphins
Plusieurs espèces de dauphins évoluent dans les eaux guadeloupéennes, dont le grand dauphin, le dauphin à long bec et le dauphin tacheté de l’Atlantique. Sociables et joueurs, ils se déplacent parfois en groupes de plusieurs dizaines d’individus. Il n’est pas rare de les voir accompagner les bateaux, surfant sur l’étrave et multipliant les sauts, pour le plus grand bonheur des observateurs.

Les globicéphales, présents toute l’année
Moins connus mais tout aussi impressionnants, les globicéphales fréquentent les eaux de la Guadeloupe toute l’année. Reconnaissables à leur tête massive au front arrondi, ces cétacés mesurent entre 4 et 7 mètres de long. Leur peau sombre et leur vie en groupes familiaux soudés en font des animaux marins particulièrement attachants à observer lors de sorties au large.
Une approche strictement encadrée
L’observation des mammifères marins s’effectue dans un cadre réglementé par le Sanctuaire AGOA, afin de limiter toute perturbation de leur comportement naturel. Il est interdit de s’approcher à moins de 300 mètres des cétacés. Seuls les professionnels autorisés peuvent évoluer dans la zone comprise entre 300 et 100 mètres, dans le respect des règles en vigueur.
Nager avec les tortues marines en Guadeloupe
La Guadeloupe est l’un des rares territoires où il est possible d’observer et de nager avec les tortues marines. Protégées depuis 1991, elles sont aujourd’hui plus nombreuses. Cette rencontre doit toutefois se faire avec précaution, en respectant une distance minimale de 5 mètres.
Les tortues sont notamment visibles à Petit Malendure, où elles viennent se nourrir dans les herbiers marins, ainsi qu’à Petite-Terre, un site remarquable qui accueille toute l’année plusieurs dizaines d’individus.

Le saviez-vous ?
Cinq espèces de tortues marines fréquentent les eaux des Antilles françaises : l’olivâtre, la caouanne, la luth, l’imbriquée et la verte. Seules les tortues luth, imbriquées et vertes viennent pondre sur les plages entre mars et octobre. Le Réseau Tortues Marines Guadeloupe assure le suivi des pontes et la prise en charge des tortues blessées ou affaiblies, certaines étant accueillies au centre de soins de l’Aquarium du Gosier.
Requins et idées reçues
Dans l’imaginaire collectif, les requins sont souvent perçus comme de dangereux prédateurs. En réalité, ils vivent généralement loin des zones fréquentées par les baigneurs et sont rarement observés. Seuls quelques pêcheurs ou plongeurs expérimentés croisent parfois leur route.
Certaines espèces, comme le requin dormeur, sont totalement inoffensives. Se nourrissant principalement de petits crustacés et de mollusques enfouis dans le sable, ils passent une grande partie de leur temps immobiles, posés sur le fond ou dissimulés dans une grotte.

Un prédateur menacé
Sur les 475 espèces de requins recensées dans le monde, seules cinq sont réellement dangereuses pour l’homme, ce qui représente en moyenne une dizaine d’attaques mortelles par an à l’échelle mondiale. À l’inverse, près de 100 millions de requins disparaissent chaque année à cause de la pêche et des activités humaines. Aujourd’hui, 37 % des espèces de requins sont menacées d’extinction.
Et les poissons tropicaux ?
Les poissons tropicaux sont sans doute les animaux marins les plus faciles à observer en Guadeloupe, que ce soit depuis un ponton, une marina ou lors d’une sortie snorkeling. Pourtant, leur abondance diminue sous l’effet combiné de la surpêche et de la dégradation des récifs coralliens.
Les coraux constituent leur habitat, leur refuge et leur garde-manger. La disparition progressive de l’écosystème corallien entraîne donc naturellement une raréfaction des poissons, fragilisant l’ensemble de la chaîne alimentaire marine.
Protéger pour continuer à s’émerveiller
La faune marine de Guadeloupe offre des rencontres exceptionnelles, mais elle reste aujourd’hui fragile. Observer, comprendre et respecter ces animaux est essentiel pour préserver la magie des océans et permettre aux générations futures de s’émerveiller à leur tour.
Mariane Aimar
Toutes les photos présentées ont été réalisées dans une approche respectueuse, à distance ou au téléobjectif.
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